Paratrooper : WP Yarborough (processing)
(Image-01) : William P. Yarborough photographié ici en Italie en 1943 alors qu’il fait partie de la 5th Army de Mark Waine Clark (Photo de WP Yarborgouh)
Bien des gens font des livres. Je sais de quoi je parle puisque j’en ai fait moi même !
Toutefois, bien que les livres qui traitent d’un sujet dans ses généralités, d’autres s’évertuent à promener le lecteurs dans des histoires qui bien souvent sont rapidement interminables à l’instar d’êtres illisibles.
Dans ce cadre, les ouvrages de Michel Detrez sont excellents. Ils expliquent de manière succincte et via des photos d’époque judicieusement présentées avec des clichés couleurs actuels ce qu’était une telle pièce, sa couleur, la texture du matériel utilisé : bref tout ce que le collectionneur ou le passionné doit savoir sans l’emmener dans des considérations du style : ce fut Mary-Jo, la soeur de Raymond et la cousine de David, qui avec une machine du type Singer M-1908, à aiguilles fines et montée en 120 vlts pour l’utilisation aux Etats-Unis, qui fut la première à coudre les boutons en plastic vert-olive, boutons fabriqués en sous-traitance par la Société Buttons and Co installée dans la Zipper Street, au N° 22.
Michel fait cela très bien.
Yank’s 44 que j’avais fait avec Louis Linet était aussi un livre fait pour permettre de donner une ou deux armes aux collectionneurs.
Quand j’ai sorti Airborne, ce fut la même chose, d’où le succès du livre dont les 1000 exemplaires unique étaient vendus le jour même de la sortie de presse.
Il existe évidemment d’autre livres dans le même genre, mais lors du dépôt de bilan des Editions Foxmaster par le gérant, j’ai été en mesure de sauver toutes les archives (en fait mes archives film & photos) tandis que tous les livres d’archives - y compris - ceux qui m’avaient été offerts et dédicacés par leur auteur ont été achetés en bloc (cela ne vaut quasiment rien disait-il) pour trois fois rien par “mon ami” Koen (Maison De Krijger à Aalst), qui ne m’a rien restitué (même pas mes papiers privés). Voici d’une part, comment un “ami” préfère son portefeuille à une amitié vieille de six ans au cours de laquelle je l’avais aidé à de nombreuses reprises en lui offrant de grandes quantités d’ouvrages en dépôt et payables 30 après la vente tandis que, d’autre part, la règle est confirmée : l’amitié s’arrête où l’argent commence. Ainsi va la vie !
Comme vous le savez tous, lors des premières heures de la création de l’arme aéroportée aux Etats-Unis, les Paras US étaient particulièrement mal achalandés sans parler de l’air ridicule qu’ils avaient emballés dans leur tenue en peau de ballon dirigeable et harnachés dans les vieux parachutes T-4 dont le ventral ressemblait plus à une sacoche de facteur qu’à autre chose.
Je dois mettre en ligne prochainement le film Parachute Battalion qui fut tourné en 1941 avec les hommes du First American Parachute Test Platoon de William T. Ryder et quelques autres du 501st Parachute Battalion, sous les ordres à l’époque de William M. Miley.
Bien que ce film soit plus une comédie qu’à autre chose, il permet de voir les tenues para en peau de ballon, les premières bottines de saut empruntées au Pompiers aéroportés, les casque de toile dits - Pilote - et enfin les vieux avions de Benning qui tournent au dessus de Lawson Field. En plus, le film qui dure plus d’une heure vous en mettra plein la vue.
Donc, alors que le Parachute Test Platoon dessine les grandes marges d’une unité aéroportée aux USA, William T. Ryder et son inséparable ami William P. Yarborough sont confrontés à un réel problème vestimentaire pour les hommes de la troupe.
Yarborough qui n’en est pas à son premier coups d’essai prend les chose en mains et fait l’acquisition dans le commerce civil de quelques tenues de Safaris avec lesquelles il va au QM de Benning et où il souligne les bons et les mauvais points sur les pantalons et sur les vestes.
Les hommes du QM prennent alors des demis toiles de tentes (oui c’est Yarborough qui me l’écrit) et se mettent au travail.

Notez au passage que parmi les officiers qui circulent à Benning et qui deviendra bientôt le GQG de l’AGF (Army Ground Forces), se trouvent un certain Colonel Griswold. Inventeur de première force il laissera son nom dans l’histoire pour la création, entre autre, du Crash Noose pour les Planeurs Waco CJ-4A et les célèbres Griswold Bags pour les armes individuelles.
Donc une première tenue de saut est réalisées et testée dans les rangs du Test Platoon. Elle plait aux hommes et est aussitôt standardisée tandis que les contrats de fabrication à large échelles sont lancés.

Première tenue de saut pour les parachutiste et présentation par le QMG (Quartermaster General) de l’ensemble aux organes de Presses de l’Armée.
Notez l’apparition des nouvelles bottines de saut et du casque M-1 avec liner en carton.
Les bottes de saut
Le problème rencontré avec les bottes de saut empruntées au Pompiers aéroportés du Fire Department était alarmant, bien que peu courant. En fait, les phases du saut en parachute se passent de la manière suivante :
1 - Sortie de l’avion
2 - Extension de la Ligne Statique
3 - Arrachement de panneau arrière du Parachute
4 - Extraction de la voilure et des suspentes du sac dorsal
5 - Prise au vent de la coupole
6 - Descente vers le sol
Ce qui n’est pas dit ici c’est que dès que le parachutiste quitte l’appareil de transport, il est entrainé vers le sol par la gravité terrestre, mais c’est la partie la plus lourde de son corps - tête et torse - qui s’oriente automatiquement vers le sol lors de la descente. Ceci sous entend que l’homme se trouve tête en bas pendant la phase d’ouverture du parachute, et que lorsque la couple prend le vent, le choc est tel qu’il est littéralement retourné dans l’autre sens par sa propre inertie.
Donc pendant la phase 4 du saut, ses bottines sont parallèles avec les suspentes du parachute et idem lors de la phase 5, mais dans l’autre sens. Les bottines étant équipées de boucles sur l’avant de la tige il est arrivé que les hommes arrivent au sol avec les pieds dans les suspentes de la voilure, ce qui est évidemment inacceptable et très dangereux.

Les fameuses premières bottes de saut. Cette paire provient en plus de la Société RKO qui tourna le film Parachute Battallion. Elle faisait partie de la collection de mon ami Denis Davies de Salem NH
Tenue de Saut
En ce qui concerne la tenue de saut, c’est aussi un échec. Dans un premier temps, il est quasiment impossible de ranger quoi que ce soit dans les poches. Ce n’est pas trop grave en période d’entrainements mais au combat cela signifie pas de munition de réserve, pas de grenades, par de cigarettes et pas de nourriture. Avec cette tenue vous devez emportés tout dans les besaces du type M-1936 et si vous videz les poches d’un para comme ceux de Normandie, cela vous donne très vite une idée du nombre de M-1936 qu’il faut pour chaque homme.
Autre problème, la solidité. La toile utilisée est bien trop légère et après quelques sortie il faut les réparer et même les faire renforcer.


Tenue M-1941 renforcée du Colonel George V. H. Moseley, Co du 502nd Prcht. Inf. Regt. Tout comme Vandervoordt, Moseley se blessera en posant les pieds sur le sol de Normandie le 6 juin 1944. Tombé à la pointe de la DZ A, entre Sainte Mère Eglise et Saint Martin de Varreville, Moseley avait la jambe cassée et remis aussitôt le commandement de son régiment au Lt John H. Michaelis.
La suite demain ou après - je suis en panne de café !
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